Besoin d'une assurance la veille de votre départ en vacances ?
Branchez-vous sur le Net. Les compagnies d'assurances commencent, enfin,
à offrir la souscription de polices en ligne. Etat des lieux.
Pur produit de l'Internet, la compagnie d'assurances Ineas
(www.ineas.be) fait, depuis février, ses premiers pas en Belgique, après
avoir conquis le marché batave et avant de conquérir les cieux allemand,
français et italien. Son but? Tailler des croupières aux acteurs
traditionnels pour obtenir, dans cinq ans, 1 à 2 % du marché de
l'assurance en Europe. La start-up batave offre deux produits d'assurance
en ligne: la RC familiale et une police d'habitation. Celles-ci devraient
être rapidement complétées par une assurance auto. Pour atteindre son
objectif, Ineas parie uniquement sur l'Internet. Pas question donc de
mailing ou de call center pour attirer la nouvelle clientèle. Son
initiateur, Niek Ligtelijn, un ancien cadre international de Fortis, a
développé l'idée il y a plus de trois ans. Il a su convaincre le
Crédit Suisse et Swiss Rea ainsi que l'américain Century Capital
d'investir dans sa start-up qui bénéficie d'une mise de départ de cinq
millions d'euros.
DES INITIATIVES SPORADIQUES.
Mais l'exemple d'Ineas est encore une exception dans le paysage belge
de l'assurance. En effet, de par la nature et la complexité des produits
d'assurance, le secteur n'a pas encore été sérieusement secoué par la
vague de l'Internet. Le
potentiel de ce nouveau canal n'est pourtant pas négligeable. Selon
une étude de Forrester Research, les ventes d'assurances on line
atteindront, en Europe, la valeur de 4,1 milliards de dollars (176
milliards de FB) dans trois ans. Les différents acteurs veillent donc, de
manière inégale, à s'y faire une petite place.
Les compagnies d'assurances en direct ont été les premières à s'y
engouffrer. «L'Internet est un canal très proche de celui, plus
traditionnel, du courrier, mais il a l'avantage d'être plus direct et
plus rapide. Il nous permet également de changer et d'adapter
l'information beaucoup plus vite selon les commentaires reçus», estime
Hilde Haerens, webmaster chez Corona.
Autre avantage non négligeable, celui de la réduction des coûts.
Selon une étude de Forrester Research, l'Internet, utilisé comme canal
de distribution, permettrait des économies de 20 %...
Saisissant cette opportunité, la Smap a créé un site (www.smap.be)
où le client potentiel peut recevoir un devis en ligne et y souscrire si
les conditions lui conviennent. « La couverture est effective dès que le
client a souscrit sur l'Internet mais le contrat devra être envoyé par
courrier et signé. La signature sur l'Internet n'a, en effet, pas encore
de valeur juridique», explique Marc Bolland, secrétaire général de la
Smap. Les premiers pas de la Smap sur l'Internet datent de mars 98. A
cette époque, les internautes peuvent consulter le site pour avoir des
offres sur l'ensemble des assurances proposées par la compagnie. En juin
99, elle franchit l'étape suivante. « La souscription sur le site peut
à présent se faire pour la Smap assistance, la RC vie privée,
l'assurance pour les enseignants, celle des conducteurs et pour
l'habitation, égrène Daniel Verjus, directeur IARD particulier. La
souscription en ligne pour une l'assurance auto devrait bientôt
compléter la gamme.» D'autres compagnies (voir encadré page 32) lui ont
emboîté le pas, comme Corona (www.corona.be) qui a profité du salon de
l'automobile cette année pour offrir la souscription on line d'une
assurance auto. Celle-ci est ainsi venue compléter la convention
funéraire, créée en novembre 99. L'assurance automobile, selon
Forrester Research, est celle qui pourrait draîner le plus de
souscriptions on line. Elle devrait compter pour deux tiers des ventes
d'assurances sur l'Internet en atteignant 3,2 milliards de dollars en
trois ans. Ce succès s'explique bien simplement : l'assurance automobile
est une des premières polices demandées par les jeunes, une cible
largement familiarisée avec le Net.
DILEMME POUR LES COURTIERS.
Pour les compagnies qui travaillent avec un réseau de courtiers,
proposer des assurances on line pose un problème épineux. Comment, en
effet, profiter des potentialités de ce nouveau canal sans porter ombrage
aux courtiers ? Pour résoudre ce dilemme, Fortis AG a opté pour le
projet Website courtier, à peine sorti des boîtes.
«Depuis le 15 avril, le courtier peut bénéficier, contre payement,
d'un site Web à son intention et régulièrement mis à jour. Celui-ci
propose aux clients potentiels différents produits de Fortis AG, explique
Paul-Louis Courtejoie, responsable de la communication chez Fortis AG. Le
surfeur a donc la possibilité d'y réaliser certaines simulations sans
qu'il y ait mention du nom Fortis AG afin de garder un caractère
indépendant.» En fin de simulation, le client potentiel sera invité à
s'adresser à son courtier. Le site n'est évidemment pas ouvert aux
produits proposés par d'autres assurances puisqu'ils sont basés sur le
serveur de Fortis... KBC (www.kbc.be) offre, de son côté, une indication
on line de l'assurance habitation, mais il s'agit d'une simulation.
L'offre devra être contractée dans une agence. L'avantage de cette
formule réside dans sa réponse immédiate, ce qui est également le cas
chez Ineas. Les offres des autres compagnies se font, par contre, soit par
courrier, soit par e-mail dans les 48 heures. Mais ce délai peut se
prolonger. En effet, l'attrait du devis en ligne a visiblement surpris
certaines compagnies d'assurances, leur site n'étant pas prêt à
recevoir autant de demandes de simulation. La société CB Direct
(www.cbdirect.be) a résolu ce problème en affichant le numéro de
téléphone de son call center lorsque son site est engorgé. Les
résultats de ces récentes initiatives sur le Net restent encore
difficilement chiffrables. «Nous n'avons pas d'objectifs spécifiques,
reconnaît Daniel Verjus (Smap). Entre 100 et 150 contrats ont été
souscrits sur l'Internet. Mais celui-ci n'en est pas devenu pour autant un
canal prioritaire. Par contre, les visites sur notre site se sont
multipliées en un an, passant de 2.729 au mois de janvier 99 à 12.620 en
janvier 2000.»
UN «TEST-ACHATS» POUR LES ASSURANCES.
Outre les acteurs traditionnels de l'assurance, deux nouvelles
sociétés se sont insérées dans ce marché avec un but précis : créer
un espace où l'internaute peut comparer les offres des différentes
compagnies d'assurances. Assurweb.be et Eccent.be, dont le site devrait
être opérationel ces jours-ci, se sont ainsi inspirés de l'exemple
américain Insweb. Ce site a drainé plus de 2 millions de clients qui ont
enregistré leurs données, comparé les offres et opté pour une
compagnie d'assurances. «Nous ne sommes pas des courtiers car nous ne
vendons pas d'assurances. Nous sommes plutôt un point de contact
indépendant entre le client et les compagnies d'assurances. Nous nous
définissons comme infomédiaire», insiste Danny Lein, qui préside, avec
son associé Paul Janssens, aux destinées d'Assurweb. Le contexte
indépendant du site est crucial pour les deux équipes. Vous n'y
trouverez donc pas de publicité. D'où viennent dès lors leurs profits ?
«Les compagnies d'assurances nous paient un montant par offre que nous
leur faisons parvenir», explique Stefan Uytterhoeven, d'Assurweb. Le
business model est identique chez Eccent.
Le site Assurweb se décline en trois volets. Le premier, informatif,
répond à des questions générales sur les assurances (l'assurance-vie
est-elle toujours déductible?, etc). Le deuxième concerne les offres
proprement dites. L'internaute entre ses données, les fournisseurs qu'il
a sélectionnés sont sollicités pour faire une offre. Il peut ainsi
comparer les offres qui répondent le mieux à ses besoins: Une fois le
choix réalisé, l'internaute est renvoyé sur le site du fournisseur qui
concluera le contrat.
Enfin, l'équipe d'Assurweb va proposer un pannel d'experts qui pourra
répondre aux questions précises du client en matière d'assurances. Les
questions seront envoyées à trois personnes, souvent des courtiers
d'assurance et feront un screening interne au sein d'Assurweb afin de
s'assurer que les réponses sont cohérentes et non biaisées.
LES PRIX EN CHUTE LIBRE?
Les réactions des compagnies d'assurances directes aux propositions
d'Eccent ou d'Assurweb sont relativement enthousiastes. «Cela nous permet
d'accroître notre présence sur l'Internes et apporte un complément à
notre site», explique Daniel Verjus (Smap). Eccent est en négociation
avec six sociétés tandis qu'Assurweb a annoncé un partenariat avec
quatre compagnies : la Smap, Touring Assistance, Coron« et Actel Direct,
et compte passer à dix pour la fin de l'année.
L'offre d'Eccent a notamment reçu un accueil très positif de
l'assureur direct Partners. «Avec l'aide d'Eccent, un nouveau site
commercial verra le jour ce mois-ci pour les assurances auto, explique
Allons Claes, chef du département production chez Partners. Et nous
devrions ouvrir notre propre site vers la fin août. Celui-ci devrait
comprendre l'assurance auto, l'incendie, l'assurance familiale et
hospitalière.»
Les offres comparées sur Assurweb, qui devraient s'étendre à deux
autres pays avant la fin de l'année, concernent à présent deux
assurances : l'auto qui sera rejointe dans quelques semaines par
l'assurance-vie. Eccent débutera également par les assurances auto.
Mais cette comparaison ne risquet-elle pas de casser les prix de
l'assurance ? «Les clients établissent une comparaison entre
différentes offres. Que celle-ci se fasse par téléphone ou par
l'Internet ne change pas la donne, estime Hilde Haerens (Corona). L'aspect
du prix n'est d'ailleurs pas le seul élément de vente. La couverture et
les services pèsent également dans la balance.» De plus, les tableaux
comparatifs ne sont pas toujours possibles puisque les offres, envoyées
par e-mail, répondent aux formats et à la présentation de chaque
compagnie.
Le flux des demandes drainées par Assurweb et bientôt Eccent
nécessitent également un bon suivi administratif. Corona ainsi ployé
sous 600 à 700 demandes d'offres par semaine venant d'Assurweb. Comme
l'interface entre Assurweb et Corona n'était pas optimale, les données
encodées sur le site d Assurweb devaient être réintroduites
manuellement chez Corona pour établir l'offre. De quoi ralentir les
réponses de plusieurs jour. «Cet inconvénient sera rapidement résolu,
assure Hilde Haerens. Car nous désirons appliquer les critères
identiques à ceux de nos autres canaux de distributions/ L'offre doit
être le jour après dans la boîte aux lettres. » Chez Sent, les offres
seront communiquées, dans un premier temps, par e-mail avant d'être
offerte on-line. Ces deux nouveaux arrivé titillent donc les assurances
qui ne peuvent se payer le luxe d'une absence sur l'Internet. Au plus
grand plaisir de l'Internaute…
Nathalie van Perse
Polices en ligne
Cette liste reprend quelques exemples d'offres on-line de compagnies
d'assurances. Celle-ci n'est pas, pour autant, exhaustive.
Actel Direct (www.acteldirect.be)
- Assurance proposée: auto
- Le devis est envoyé par e-mail, le contrat vous parvient par
courrier.
CB Direct (www.cbdirect.be)
- Assurances proposées: auto, habitation et hospitalisation.
- L' internaute peut consulter différent polices mais ne peut y
souscrire on-line. Les devis et la souscription se font par courrier.
Corona (www.corona.be)
- Assurances proposées: auto et convention funéraire.
- La demande de devis se fait on-line, le contrat, conforme au devis,
est envoyé par courrier.
Ineas (www.ineas.be)
- Assurances proposée: habitation et responsabilité civile.
- Le devis est communiqué immédiatement et la souscription se fait
également on-line. le contrat étant envoyé par courrier.
KBC (www.kbc.be)
- Assurances proposée:habitation.
- Le site propose un prix indicatif mais le devis et la souscription
se font par les agences.
Smap (www.smap.be)
- Assurances proposée: la Smap assistance, RC vie privée, assurances
pour les enseignants, conducteurs et habitation.
- Le devis est communiqué par e-mail et la souscription est envoyée
par courrier.
Touring (www.touring.be)
- Assurance proposée: automobile.
- Le devis et l'offre sont envoyées par courrier.