Tendances 4 may, 2000

ON-LINE

www.assurances.be

Besoin d'une assurance la veille de votre départ en vacances ? Branchez-vous sur le Net. Les compagnies d'assurances commencent, enfin, à offrir la souscription de polices en ligne. Etat des lieux.

Pur produit de l'Internet, la compagnie d'assurances Ineas (www.ineas.be) fait, depuis février, ses premiers pas en Belgique, après avoir conquis le marché batave et avant de conquérir les cieux allemand, français et italien. Son but? Tailler des croupières aux acteurs traditionnels pour obtenir, dans cinq ans, 1 à 2 % du marché de l'assurance en Europe. La start-up batave offre deux produits d'assurance en ligne: la RC familiale et une police d'habitation. Celles-ci devraient être rapidement complétées par une assurance auto. Pour atteindre son objectif, Ineas parie uniquement sur l'Internet. Pas question donc de mailing ou de call center pour attirer la nouvelle clientèle. Son initiateur, Niek Ligtelijn, un ancien cadre international de Fortis, a développé l'idée il y a plus de trois ans. Il a su convaincre le Crédit Suisse et Swiss Rea ainsi que l'américain Century Capital d'investir dans sa start-up qui bénéficie d'une mise de départ de cinq millions d'euros.Top of page

DES INITIATIVES SPORADIQUES.

Mais l'exemple d'Ineas est encore une exception dans le paysage belge de l'assurance. En effet, de par la nature et la complexité des produits d'assurance, le secteur n'a pas encore été sérieusement secoué par la vague de l'Internet. Le

potentiel de ce nouveau canal n'est pourtant pas négligeable. Selon une étude de Forrester Research, les ventes d'assurances on line atteindront, en Europe, la valeur de 4,1 milliards de dollars (176 milliards de FB) dans trois ans. Les différents acteurs veillent donc, de manière inégale, à s'y faire une petite place.

Les compagnies d'assurances en direct ont été les premières à s'y engouffrer. «L'Internet est un canal très proche de celui, plus traditionnel, du courrier, mais il a l'avantage d'être plus direct et plus rapide. Il nous permet également de changer et d'adapter l'information beaucoup plus vite selon les commentaires reçus», estime Hilde Haerens, webmaster chez Corona.

Autre avantage non négligeable, celui de la réduction des coûts. Selon une étude de Forrester Research, l'Internet, utilisé comme canal de distribution, permettrait des économies de 20 %...

Saisissant cette opportunité, la Smap a créé un site (www.smap.be) où le client potentiel peut recevoir un devis en ligne et y souscrire si les conditions lui conviennent. « La couverture est effective dès que le client a souscrit sur l'Internet mais le contrat devra être envoyé par courrier et signé. La signature sur l'Internet n'a, en effet, pas encore de valeur juridique», explique Marc Bolland, secrétaire général de la Smap. Les premiers pas de la Smap sur l'Internet datent de mars 98. A cette époque, les internautes peuvent consulter le site pour avoir des offres sur l'ensemble des assurances proposées par la compagnie. En juin 99, elle franchit l'étape suivante. « La souscription sur le site peut à présent se faire pour la Smap assistance, la RC vie privée, l'assurance pour les enseignants, celle des conducteurs et pour l'habitation, égrène Daniel Verjus, directeur IARD particulier. La souscription en ligne pour une l'assurance auto devrait bientôt compléter la gamme.» D'autres compagnies (voir encadré page 32) lui ont emboîté le pas, comme Corona (www.corona.be) qui a profité du salon de l'automobile cette année pour offrir la souscription on line d'une assurance auto. Celle-ci est ainsi venue compléter la convention funéraire, créée en novembre 99. L'assurance automobile, selon Forrester Research, est celle qui pourrait draîner le plus de souscriptions on line. Elle devrait compter pour deux tiers des ventes d'assurances sur l'Internet en atteignant 3,2 milliards de dollars en trois ans. Ce succès s'explique bien simplement : l'assurance automobile est une des premières polices demandées par les jeunes, une cible largement familiarisée avec le Net.Top of page

DILEMME POUR LES COURTIERS.

Pour les compagnies qui travaillent avec un réseau de courtiers, proposer des assurances on line pose un problème épineux. Comment, en effet, profiter des potentialités de ce nouveau canal sans porter ombrage aux courtiers ? Pour résoudre ce dilemme, Fortis AG a opté pour le projet Website courtier, à peine sorti des boîtes.

«Depuis le 15 avril, le courtier peut bénéficier, contre payement, d'un site Web à son intention et régulièrement mis à jour. Celui-ci propose aux clients potentiels différents produits de Fortis AG, explique Paul-Louis Courtejoie, responsable de la communication chez Fortis AG. Le surfeur a donc la possibilité d'y réaliser certaines simulations sans qu'il y ait mention du nom Fortis AG afin de garder un caractère indépendant.» En fin de simulation, le client potentiel sera invité à s'adresser à son courtier. Le site n'est évidemment pas ouvert aux produits proposés par d'autres assurances puisqu'ils sont basés sur le serveur de Fortis... KBC (www.kbc.be) offre, de son côté, une indication on line de l'assurance habitation, mais il s'agit d'une simulation. L'offre devra être contractée dans une agence. L'avantage de cette formule réside dans sa réponse immédiate, ce qui est également le cas chez Ineas. Les offres des autres compagnies se font, par contre, soit par courrier, soit par e-mail dans les 48 heures. Mais ce délai peut se prolonger. En effet, l'attrait du devis en ligne a visiblement surpris certaines compagnies d'assurances, leur site n'étant pas prêt à recevoir autant de demandes de simulation. La société CB Direct (www.cbdirect.be) a résolu ce problème en affichant le numéro de téléphone de son call center lorsque son site est engorgé. Les résultats de ces récentes initiatives sur le Net restent encore difficilement chiffrables. «Nous n'avons pas d'objectifs spécifiques, reconnaît Daniel Verjus (Smap). Entre 100 et 150 contrats ont été souscrits sur l'Internet. Mais celui-ci n'en est pas devenu pour autant un canal prioritaire. Par contre, les visites sur notre site se sont multipliées en un an, passant de 2.729 au mois de janvier 99 à 12.620 en janvier 2000.»Top of page

UN «TEST-ACHATS» POUR LES ASSURANCES.

Outre les acteurs traditionnels de l'assurance, deux nouvelles sociétés se sont insérées dans ce marché avec un but précis : créer un espace où l'internaute peut comparer les offres des différentes compagnies d'assurances. Assurweb.be et Eccent.be, dont le site devrait être opérationel ces jours-ci, se sont ainsi inspirés de l'exemple américain Insweb. Ce site a drainé plus de 2 millions de clients qui ont enregistré leurs données, comparé les offres et opté pour une compagnie d'assurances. «Nous ne sommes pas des courtiers car nous ne vendons pas d'assurances. Nous sommes plutôt un point de contact indépendant entre le client et les compagnies d'assurances. Nous nous définissons comme infomédiaire», insiste Danny Lein, qui préside, avec son associé Paul Janssens, aux destinées d'Assurweb. Le contexte indépendant du site est crucial pour les deux équipes. Vous n'y trouverez donc pas de publicité. D'où viennent dès lors leurs profits ? «Les compagnies d'assurances nous paient un montant par offre que nous leur faisons parvenir», explique Stefan Uytterhoeven, d'Assurweb. Le business model est identique chez Eccent.

Le site Assurweb se décline en trois volets. Le premier, informatif, répond à des questions générales sur les assurances (l'assurance-vie est-elle toujours déductible?, etc). Le deuxième concerne les offres proprement dites. L'internaute entre ses données, les fournisseurs qu'il a sélectionnés sont sollicités pour faire une offre. Il peut ainsi comparer les offres qui répondent le mieux à ses besoins: Une fois le choix réalisé, l'internaute est renvoyé sur le site du fournisseur qui concluera le contrat.

Enfin, l'équipe d'Assurweb va proposer un pannel d'experts qui pourra répondre aux questions précises du client en matière d'assurances. Les questions seront envoyées à trois personnes, souvent des courtiers d'assurance et feront un screening interne au sein d'Assurweb afin de s'assurer que les réponses sont cohérentes et non biaisées.Top of page

LES PRIX EN CHUTE LIBRE?

Les réactions des compagnies d'assurances directes aux propositions d'Eccent ou d'Assurweb sont relativement enthousiastes. «Cela nous permet d'accroître notre présence sur l'Internes et apporte un complément à notre site», explique Daniel Verjus (Smap). Eccent est en négociation avec six sociétés tandis qu'Assurweb a annoncé un partenariat avec quatre compagnies : la Smap, Touring Assistance, Coron« et Actel Direct, et compte passer à dix pour la fin de l'année.

L'offre d'Eccent a notamment reçu un accueil très positif de l'assureur direct Partners. «Avec l'aide d'Eccent, un nouveau site commercial verra le jour ce mois-ci pour les assurances auto, explique Allons Claes, chef du département production chez Partners. Et nous devrions ouvrir notre propre site vers la fin août. Celui-ci devrait comprendre l'assurance auto, l'incendie, l'assurance familiale et hospitalière.»

Les offres comparées sur Assurweb, qui devraient s'étendre à deux autres pays avant la fin de l'année, concernent à présent deux assurances : l'auto qui sera rejointe dans quelques semaines par l'assurance-vie. Eccent débutera également par les assurances auto.

Mais cette comparaison ne risquet-elle pas de casser les prix de l'assurance ? «Les clients établissent une comparaison entre différentes offres. Que celle-ci se fasse par téléphone ou par l'Internet ne change pas la donne, estime Hilde Haerens (Corona). L'aspect du prix n'est d'ailleurs pas le seul élément de vente. La couverture et les services pèsent également dans la balance.» De plus, les tableaux comparatifs ne sont pas toujours possibles puisque les offres, envoyées par e-mail, répondent aux formats et à la présentation de chaque compagnie.

Le flux des demandes drainées par Assurweb et bientôt Eccent nécessitent également un bon suivi administratif. Corona ainsi ployé sous 600 à 700 demandes d'offres par semaine venant d'Assurweb. Comme l'interface entre Assurweb et Corona n'était pas optimale, les données encodées sur le site d Assurweb devaient être réintroduites manuellement chez Corona pour établir l'offre. De quoi ralentir les réponses de plusieurs jour. «Cet inconvénient sera rapidement résolu, assure Hilde Haerens. Car nous désirons appliquer les critères identiques à ceux de nos autres canaux de distributions/ L'offre doit être le jour après dans la boîte aux lettres. » Chez Sent, les offres seront communiquées, dans un premier temps, par e-mail avant d'être offerte on-line. Ces deux nouveaux arrivé titillent donc les assurances qui ne peuvent se payer le luxe d'une absence sur l'Internet. Au plus grand plaisir de l'Internaute…

Nathalie van PerseTop of page

 

Polices en ligne

Cette liste reprend quelques exemples d'offres on-line de compagnies d'assurances. Celle-ci n'est pas, pour autant, exhaustive.

Actel Direct (www.acteldirect.be)

  • Assurance proposée: auto
  • Le devis est envoyé par e-mail, le contrat vous parvient par courrier.

CB Direct (www.cbdirect.be)

  • Assurances proposées: auto, habitation et hospitalisation.
  • L' internaute peut consulter différent polices mais ne peut y souscrire on-line. Les devis et la souscription se font par courrier.

Corona (www.corona.be)

  • Assurances proposées: auto et convention funéraire.
  • La demande de devis se fait on-line, le contrat, conforme au devis, est envoyé par courrier.

Ineas (www.ineas.be)

  • Assurances proposée: habitation et responsabilité civile.
  • Le devis est communiqué immédiatement et la souscription se fait également on-line. le contrat étant envoyé par courrier.

KBC (www.kbc.be)

  • Assurances proposée:habitation.
  • Le site propose un prix indicatif mais le devis et la souscription se font par les agences.

Smap (www.smap.be)

  • Assurances proposée: la Smap assistance, RC vie privée, assurances pour les enseignants, conducteurs et habitation.
  • Le devis est communiqué par e-mail et la souscription est envoyée par courrier.

Touring (www.touring.be)

  • Assurance proposée: automobile.
  • Le devis et l'offre sont envoyées par courrier.

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