Le « tout en ligne » gagne chaque jour un peu plus de terrain.
Particulièrement emblématique de cette tendance, a société
néerlandaise Ineas.com propose depuis octobre 1999 un service de
souscription d’assurance intégralement en ligne. D’abord cantonné
aux Pays-Bas, le service s’est progressivement ouvert à la Belgique
puis à l’Allemagne avant de débarquer aujourd’hui en France.
« Nous nous revendiquons comme une société européenne, profitant
des opportunités créées par le marché unique », indique Niek
Ligtelijn, président du conseil d’administration d’Ineas.
Lancée cette semaine, la déclinaison française d’Ineas ne
proposera dans un premier temps que la souscription à des contrats d’assurance
automobile, en attendant de se lancer dans les produits multirisques
habitation et accident. Contrairement aux sites de courtages, Ineas
propose ses propres produits à travers son statut de compagnies d’assurances.
« L’avantage de notre offre est de permettre aux souscripteurs de
déclarer les sinistres et de suivre l’évolution du dossier depuis le
Web, ce qui élimine la notion de distance. Il en résulte une diminution
des coûts et un règlement rapide des litiges », souligne Niek
Ligtelijn.
Fondée en 1997, la société s’est entourée de partenaires
spécialistes des sinistres, à l’instar d’Arag (protection juridique)
ou encore d’Elvia (assistance) et ou Dekra (expertise). Si la société
reste discrète quant à ses résultats et ses ambitions, il est en
revanche acquis que celle-ci a bénéficié d’investissements en
provenance de Securitas LCC (société d’investissement filiale du
Crédit Suisse) et du fonds d’investissement américain Century Capital.
Sur le marché français, Ineas devra se frotter à des sociétés de
courtage déjà existantes, comme Assurdiscount, qui a effectué en
février dernier une levée de fonds de 40 MF auprès de Galileo Partners
et d’Alpha. Plus récemment, l’assureur français AGF a lancé
Okassurance.com en le dotant d’un budget de 50M d’Euro. Lancé en
juillet dernier, le site pense générer la souscription de 800 contrats d’ici
à la fin de l’année, puis de 225 000 à l’horizon 2002. Plus
imposant encore, le portail financier Zebank (filiale à 80% du groupe
Arnault et à 20% de Dexia), fort d’un budget de 100 M d’Euro,
pourrait donner du fil à retordre à Ineas, malgré un lancement sans
cesse repoussé. Enfin, l’assureur AXA également prévu de se
positionner fortement sur le Web, comme le prouve l’annonce récente du
lancement d’un site de banque multicanal, doté d’un budget de 100 M d’Euro
et ambitionnant de proposer une offre conjoint de services financiers.